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L'évaluation comportementale... et la délation sur le grill !

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Écrit par Administrator   
09-08-2004

L'évaluation comportementale sur le grill...  La délation au détriment de la prévention ?    Les comportementalistes n'en veulent pas !

 Aujourd'hui, le chien est au centre des débats concernant les morsures et principalement celles qui, par les conséquences graves qu'elles engendrent aux personnes, font les titres les mieux placés dans la presse et les médias.

Tous les regards se tournent donc vers le chien, celui qui a déjà mordu, celui qui mord, celui qui pourrait mordre et c'est sous cet angle qu'il est proposé aux Sénateurs et aux Députés d'examiner un projet de loi visant, nous dit-on, « à renforcer les mesures de prévention et de protection des personnes contre les chiens dangereux ». 

On aurait pu attendre de nos instances politiques qu'elles se placent dans une autre perspective de la situation que celle prises par les médias.  Se doter d'une analyse plus élargie pour mieux considérer le problème des morsures tel qu'il est réellement aurait permis de cerner et choisir judicieusement les mesures capables de construire une véritable prévention telle qu'elle est attendue.

 

Se décentrer de l’idée du chien isolé de son groupe familial

Or, ce qui résulte aujourd'hui des lectures en séance publique au Sénat et à l'Assemblée Nationale montre une même orientation prise dans les textes que celle du sensationnel médiatique : la catégorisation du chien, l'évaluation du chien, le contrôle du chien. 

Tâche impossible semble-t-il pour nos élus que de se décentrer du chien et de ses prétendus troubles pour arriver à faire l'examen du réel des morsures.  Car sont-ce les chiens qui sont dangereux, ou sont-ce les situations qui sont dangereuses ?

Le principe de l'évaluation comportementale telle qu’elle est présentée aujourd'hui établit que le vétérinaire occupe une position centrale.  Certes, il peut à son libre choix requérir l'avis d'un « sapiteur », c'est-à-dire toute personne dont il jugera les compétences utiles et nécessaires pour forger ses conclusions, mais rien ne vient faire précision en ce domaine. 

Ceci manque véritablement de clarté pour le public et d'équité pour les professionnels.  En effet,  tel propriétaire de chien se verra convoqué dans le cabinet vétérinaire uniquement pour l'établissement de la grille d'évaluation du chien mais tel autre propriétaire se verra en plus dirigé vers un ou plusieurs « sapiteurs » qui étayeront le dossier de leurs observations/recommandations.

Ceci signifie que l'évaluation comportementale pourrait bien ne pas être de la même teneur (ni du même coût) pour tous, ni avoir les mêmes conséquences pour les chiens et leurs propriétaires.

Si un comportement est une réponse de l'organisme (le chien) à l'environnement (le contexte), il est quand même étonnant de vouloir instaurer des mesures visant à évaluer (prédire) ces réponses en s'exonérant de l'étude minutieuse du contexte de vie.  Car, et c'est une constante pour les accidents qui ont été médiatisés comme pour tous les autres, les morsures surgissent principalement dans le milieu familial.

Et l'on peut observer la même difficulté à se décentrer du chien : il faut chercher à prédire ce que ce dernier pourrait produire comme comportement !  Une mission bien improbable pour tout professionnel ayant une formation en éthologie (une science, qui a donc le souci de la précision et écarte les données incomplètes).

Peut-on encore dignement rester dans un tel déni quand tous les accidents, graves ou moins graves, qui surviennent de manière souvent inattendue (donc non-prédictive, imprévisible) nous rappellent que n'importe quel chien peut déployer une conduite agressive.

Le chien adapte son comportement en réponse/réaction directe ou indirecte à ce qu'il vit, et en fonction de ce qu'il a vécu, puisque façonné par toutes les confrontations et expériences avec l'environnement depuis son plus jeune âge.

La qualité des conditions d'élevage est le socle indispensable aux bonnes capacités d'adaptation du chien. Sa stabilité émotionnelle en sera plus ou moins forte ou réduite.

Cet équilibre dont le niveau et la constance se voient entretenus par les situations de cohabitation (et tout l'imprévisible permanent qui les caractérisent), montrent à quel point la présence de deux systèmes d'organisation sociale (humaine et canine) peut devenir anxiogène pour tous : l'animal qui ne comprend pas systématiquement ce que l’on attend de lui et l’humain qui oublie (ou ignore) de considérer son chien comme différent de lui dans ses attitudes et dans ses mœurs.

Nous sommes bien loin du chien seul qui serait à évaluer hors étude précise des conditions de la cohabitation au quotidien et de l'influence qu'elles exercent sur l'émotivité et la réactivité individuelle du chien...

Ceux qui paraissent les plus dociles, voire les mieux éduqués, ne se soustraient pas plus aux circonstances ou aux déclencheurs possibles d'une morsure, et c'est ce qui justement les rend surprenants pour l'entourage. 



Un acteur unique pour l'évaluation ?

Alors que si l'on venait à prendre le recul nécessaire, il deviendrait évident à tous que « l'évaluation comportementale » devrait laisser sa place à une « évaluation du risque ».  Ce nouvel angle pris nous permettrait de voir que l'évaluation seule du praticien vétérinaire ne suffit pas à mesurer le risque.  L'organisation de la cohabitation au quotidien avec le chien, et son bon contrôle dans de bonnes conditions ne peuvent pas manquer de figurer au tableau de l'évaluation, et de fait, de la prévention.

Mais dans les textes actuels, aucun autre professionnel que le vétérinaire n'est imposé, ce qui laisse à penser que l'étude minutieuse de la relation et la cohabitation avec le chien (activité spécialisée du comportementaliste), comme également le bon contrôle en extérieur, la bonne familiarisation aux humains et la bonne socialisation aux congénères (activité spécialisée de l'éducateur canin) ne seront mises en œuvre qu'au hasard de la sensibilité des praticiens.

A noter, et ce n'est en rien anodin, que la deuxième lecture faite au Sénat fin Mars 2008, impose à n'importe quel professionnel qui a connaissance d'une morsure (dont ceux cités plus haut qui, malgré leurs compétences respectives, ne sont pas impliqués de manière précise dans le processus dit de « l'évaluation comportementale »), d'en faire la dénonciation auprès des autorités.

Ainsi, seul un vétérinaire choisi sur la liste départementale se chargera de l’évaluation comportementale.



La délation ?  Pas question !

Comment vont donc opérer les professionnels comme l'éducateur canin, ou le comportementaliste qui sont habituellement appelés en cas de difficultés avec le chien ?  Vont-ils, dès qu'ils apprennent qu'une conduite agressive a eu lieu, même de faible intensité avec seulement des atteintes superficielles, se déclencher en délation et ainsi conduire les personnes (qui avaient fait le choix de se tourner vers leur approche) chez un autre professionnel, acteur unique de « l'évaluation comportementale » ?

Les comportementalistes sont contre cette mesure, et s'opposent à ce que des personnes qui ont le libre choix de faire appel à un professionnel se retiennent de le faire sous la crainte d'une dénonciation...  Voilà comment l'effet de mesures préventives se verrait alors parfaitement détourné de l'objectif de réduire les risques.

Le fondamental de l'activité de comportementaliste repose sur l'étude des relations et de la cohabitation entre l'humain et le chien et sur les multiples influences (relationnelles et environnementales) qui peuvent mener à des comportements dérangeants, voire risqués ou annonciateurs d'un danger ultérieur.  Une réorganisation du contexte de vie ne peut se faire qu'avec la participation en toute conscience, et en toute confiance dans l'approche de ce professionnel qui d'ailleurs a été choisi pour cela. 

En se soumettant à la volonté de signalement de toute morsure d'un chien, comme elle est proposée actuellement, le comportementaliste ruinerait le cadre rassurant de son travail (qui invite justement les propriétaires à ne pas dissimuler ou retenir des informations) et perdrait ainsi les lettres de noblesse qu'il a acquises depuis de longues années auprès du public : écoute, analyse, empathie, aide, guidance.

Ce n'est pas acceptable, pour ces professionnels qui non seulement se verraient obligés de rediriger leurs activités vers un autre professionnel, mais se verraient également obligés de trahir leur vocation et leur déontologie.

 

En se décentrant du chien seul et en impliquant judicieusement tous les professionnels qui ont un rôle à tenir , dans les compétences qui sont les leurs en matière de gestion/cohabitation, on pourrait pourtant envisager un peu plus sérieusement la question des morsures, de leur recensement et de leur prévention.

Les comportementalistes attirent donc l'attention du législateur afin que les décrets d'application veillent à organiser l'indispensable équilibre de la  mise en relation des différentes approches autour de l'évaluation des risques, du traitement de l'information (statistiques),  de la prévention et de l'aide à apporter aux propriétaires de chiens. Et ce, en ne se centrant pas sur le seul vétérinaire, mais également en définissant avec plus d'évidence les « sapiteurs », le sens de leur engagement et leur nécessaire implication dans le processus d'évaluation.

 

 

Michel Quertainmont    Danièle Mirat     Laurence Bruder-Sergent

 

Ce texte est diffusé au nom de

l'association de comportementalistes professionnels C.A.D.

http://www.comportementaliste-associationcad.org

et au nom de

la Fédération Européenne des Comportementalistes

http://www.comportementaliste-fec.org/

Dernière mise à jour : ( 07-05-2008 )
 
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Le comportementaliste


Spécialisé dans l'étude et la médiation des relations Homme/Animal familier,
il est un conseiller pour tout ce qui concerne l’intégration harmonieuse d’un chien et/ou d'un chat dans la famille, et par extension dans la société.
Le terme « comportementaliste » a été déposé à l’INPI pour définir l’approche et délimiter l’exercice de cette activité, qui n’est en rien comparable à l’éducation ou au dressage de l’animal.

 


QUAND CONSULTER ?

Un comportementaliste peut être appelé par tous ceux qui sont désireux de mieux connaître et comprendre une espèce animale avec laquelle ils se proposent de cohabiter :
Avant toute acquisition d’un chiot, pour s’informer des critères du bon choix d’un type d’élevage, d’une race, d’un sujet dans une portée, de son âge en regard des conditions d’élevage, etc… pour garantir ainsi le développement harmonieux d’un animal facilement éducable.

Pour ré harmoniser la relation avec un chien qui produit des comportements gênants autant qu’inexpliqués.

Pour aider lors de l’adoption d’un chien dans un refuge, avec son passé immanquablement traumatique.

Il est manifeste que l’on « oublie » souvent que le chien « est un chien » et que ses facultés d’adaptation à un monde qui n’est pas le sien, ne sont pas sans limites. Des comportements indésirables (voire dangereux) qui sont parfois produits par cet animal, ne sont en fait que des conduites propres à son espèce, mais inadaptées à un contexte de vie de famille humaine.

Les origines complexes, parfois multiples, de ce que l’on appellera alors des « désordres » du comportement du chien, nécessiteront les compétences du comportementaliste, pour comprendre l’animal et aider ses propriétaires à s’en faire comprendre.

Pour la famille, le retour à une cohabitation harmonieuse avec son animal sera obtenu par une meilleure connaissance des codes sociaux et de communication de celui-ci, avec la mise en place d’une organisation des relations, plus respectueuse des besoins éthologiques du chien.

Le tout, remplaçant les vues souvent anthropomorphiques qui conduisaient les maîtres à évaluer avec des critères humains, l’inconfort, la peur, l’anxiété que pouvait ressentir l’animal, et leur barrant toute  perception d’une réalité canine bien spécifique.


LES PROBLÈMES LES PLUS COURANTS :


Pour information, une petite liste des problèmes (s’additionnant parfois) que l’on peut être amené à rencontrer avec un chien, et en face desquels le comportementaliste apportera explications et solutions toujours individualisées (Sans attendre que s’installent les incompréhensions, mésententes et conflits pour une garantie de retrouver plus vite une relation harmonieuse avec son chien) :


L'agressivité envers les humains, ses propres congénères ou les autres espèces animales, accompagnée ou non de morsures 

Des atteintes à tout son environnement avec dégradations, destructions dans la maison, le jardin, la voiture 

Des états de craintes, de qui-vive, de peurs voire de terreurs, devant les humains ou ses congénères, les bruits de la maison, de la ville ou bien de tout et de rien…

Des aboiements, des hurlements, à se faire détester du voisinage 

Des souillures, des manques de propreté remarqués comme délibérés 

Des fugues ; Des états d’agitation permanente et épuisante pour tout le monde 

Des problèmes liés à la nourriture, simples « vols » de denrées alimentaires ou absorptions d’excréments ou autres matières non comestibles 

De l’indifférence pour son entourage, de l’apathie ou même ce qui peut faire penser à de la tristessse

Les comportementalistes consultent dans leur cabinet ou à domicile avec ou sans le chien, suivant les problèmes rencontrés par leurs propriétaires.

 
note A noter  :
Afin d’éliminer toute possibilité que ces anomalies ne proviennent d’une lésion organique (ce qui est rare) le comportementaliste s’assure toujours que le vétérinaire traitant a bien été consulté.

Ethologie - précisions


L'être humain a le devoir de comprendre le comportement des espèces animales. Cette connaissance est essentielle pour éviter que les animaux qu'il prend pour compagnons (ou dont il se nourrit) ne souffrent inutilement, que ce soit pour une satisfaction affective, esthétique, intellectuelle ou bien à des fins simplement récréatives ou alimentaires.


L'éthologie, ou biologie du comportement, est la discipline scientifique de l'étude du comportement des espèces animales (et de l'être humain) dans leur milieu significatif. Elle est une des principales bases d'étude de l'activité de comportementaliste.


De l'usage abusif du terme "éthologie":

La SFECA, Société Française pour l'Étude du Comportement Animal  (organisme qui a pour objectif de promouvoir les recherches dans le domaine de la biologie du comportement, de favoriser les échanges entre les disciplines concernées et d'encourager la diffusion des connaissances) autorise la diffusion d'un texte paru dans un de ses derniers bulletins, à propos de l'usage abusif qui est fait du terme éthologie dans le milieu de l'équitation.

Nous reproduisons ci-dessous, le texte intégral de la SFECA, ainsi que la réaction de l'éthologiste Michel Chanton, formateur de comportementaliste, qui dénonce à cet organisme le même usage abusif du terme éthologie, dans le milieu dit cynophile:



1)  Texte intégral de la SFECA: L'affaire "Équitation éthologique"


L’une de nos adhérentes, Danièle Gossin, nous a alertés sur le fait que le monde du cheval utilise de façon grandissante le terme «d’équitation éthologique » pour désigner les pratiques empiriques de ceux qui préconisent des méthodes « naturelles » de dressage. S’il s’agissait seulement d’une traduction abusive du terme américain natural horsemanship, la caravane scientifique pourrait passer sans s’émouvoir des cowboys qui « chuchotent » à si grand bruit à l’oreille des chevaux. Mais c’est maintenant la Fédération Française d’Equitation qui met en place des brevets d’équitation éthologique. Ceux-ci comportent plusieurs degrés attribués à la suite d’un enseignement délivré par des personnes n’ayant reçu aucune formation à l’éthologie.

Le bureau de la SFECA a consulté ceux d’entre nous qui sont engagés dans l’étude du comportement des chevaux (Marie-France Bouissou, Claudia Feh, Martine Hausberger). Après discussion et vote lors de l’assemblée générale 2003, il a été décidé que le président de la SFECA adresse aux responsables de la fédération ainsi qu’à la rédaction des principales revues d’équitation un courrier libellé dans les termes suivants :

Je vous écris au nom de la communauté des éthologistes français pour attirer votre attention sur l’usage erroné qui est fait de notre science dans le monde du cheval. Nous constatons une tendance croissante à utiliser le terme d’éthologie dans des contextes non appropriés, et cela souvent à des fins commerciales. Cet usage incorrect se voit relayé par les médias, ce qui ajoute encore à une confusion à laquelle nous ne souhaitons pas être associés.

Le statut d’éthologiste requiert une formation et des connaissances spécifiques sur le comportement animal. Nous souhaitons que les termes d’éthologie et d’éthologiste soient réservés à la discipline scientifique et aux personnes qui auront reçu un enseignement dispensé par un encadrement scientifique. Il est abusif de parler d’équitation éthologique, de stages d’éthologie ou de formation à l’éthologie pour désigner des stages d’équitation encadrés par des dresseurs ou des enseignants diplômés d’équitation, ceci ne préjugeant en rien de leur qualifications dans leur domaine de compétence propre.

Une authentique formation à l’éthologie représente une aide précieuse pour aborder le travail avec l’animal. Il serait malheureux que l’éthologie ne soit mentionnée que pour servir de caution scientifique à des discours qui ne reposent sur aucune connaissance éthologique. Nous souhaitons mettre fin à la désinformation qui règne autour du comportement du cheval. Notre communauté se tient à votre disposition pour tout renseignement complémentaire.


Si la fédération d’équitation n’a pas modifié ses plans, cinq des journaux contactés ont publié notre lettre, suscitant des commentaires qui témoignent d’une prise de conscience du caractère trompeur de l’appellation « équitation éthologique » et de la distinction à établir entre pratique empirique et connaissance scientifique. Le ministère de la jeunesse et des sports s’est également manifesté; le responsable du Bureau des Métiers, des Qualifications et des Diplômes s’est adressé à notre association pour que soient mis en place des stages de formation destinés à ceux qui sont chargés de former les moniteurs d’équitation. Malheureusement, cette intention ne s’est pas concrétisée. Martine Hausberger avait proposé, sur notre demande, de développer les stages d’éthologie du cheval assurés par son équipe, dans le sens désiré par le ministère, mais personne n’a donné suite.

Ce qui est en jeu est la reconnaissance même du titre d’éthologiste. Il n’est pas nouveau que des pratiques empiriques se parent des habits de la science. Beaucoup parmi ceux qui traitent des troubles du comportement animal, par exemple, se décernent le titre d’éthologue sans avoir jamais ouvert un livre d’éthologie. D’autres disciplines comme la psychologie sont confrontées depuis longtemps à des problèmes du même ordre. Définir et faire accepter un certificat d’aptitude à la profession d’éthologiste devrait constituer une tâche prioritaire de la SFECA pour les prochaines années.

Dans l’immédiat, nous devons continuer à diffuser nos connaissances et mieux faire connaître l’éthologie pour lutter contre les contrefaçons. A cet égard, la publication par nos collègues Michel-Antoine Leblanc et Marie-France Bouissou d’un excellent ouvrage consacré à l’éthologie du cheval constitue la meilleure des réponses.

La SFECA

 
2) Commentaires de Michel CHANTON éthologiste membre titulaire de la SFECA depuis 1995 :


En lisant ce texte paru dans le bulletin intérieur de la SFECA, j’ai retrouvé les préoccupations qui sont les miennes, en relation avec le milieu dit « cynophile », j¹ai donc demandé au Président de la SFECA l’autorisation de le reproduire.

Sur Internet, dans quelques revues consacrées au chien, on découvre là aussi que des personnes n’ayant aucune connaissance en éthologie, ce qui est facile à vérifier, s’autoproclament « éthologue » (terme qui s’utilise depuis Geoffroy Saint-Hilaire - 1849 - à noter que depuis 1950 on utilise le terme « éthologiste »).

On voit aussi apparaître des "éducateurs-comportementalistes"* alors qu'il ne peuvent justifier d'aucune formation de comportementaliste. C’est un abus et une tromperie qui s’aggravent, lorsque ce terme est utilisé pour apporter une apparence de caution scientifique à des activités comme le dressage.

L’éthologie est une science de l’observation, de l’étude du comportement dans toutes ses manifestations et à tous les niveaux, de la cellule à l’organisme entier et aux sociétés animales, des causes qui le déterminent et de ses fonctions (Campan et Scapini). Elle n’a jamais été une technique d’intervention sur le sujet, ce qui d’ailleurs ruinerait toute tentative d’observation.

En revanche, le rôle du comportementaliste est d’apporter son aide à un propriétaire de chien dérouté par un comportement d’apparence inexplicable de l’animal. Cette aide ne peut être apportée que parce que le comportementaliste possède des connaissances suffisantes en éthologie, concernant l’éthogramme du chien, singulièrement du chien familier, jointes à son expérience d’une approche systémique, le tout lui permettant d’identifier les dysfonctionnements dans cette relation interspécifique et de proposer les changements relationnels souhaitables.

Le dressage, indispensable pour contrôler efficacement un animal, et tout propriétaire de chien y est obligé, n’a nul besoin d’être appelé « éducation », terme qui signifie « transmettre des connaissances », ce qui est impossible avec un animal.

Il semble que ces contorsions sémantiques aient pour but de suggérer l’idée que le dressage est violent alors que l’éducation ne le serait pas ! Il devient donc évident que conditionner un animal (dressur en allemand) en prétendant ne pas « dresser » mais « éduquer » équivaut à tromper, d’autant que ces terminologies douteuses sont généralement employées dans un but commercial.

Un de mes anciens étudiants m’a même déclaré, somme toute avec une certaine candeur, que le terme éducateur « passait mieux auprès des clients ».

Ces pratiques malhonnêtes nuisent autant aux dresseurs consciencieux, qui sont nombreux, qu’aux comportementalistes qui se gardent bien d’intervenir sur le chien de leur consultant, car ce n’est pas leur rôle. Elles donnent une image brumeuse des secteurs d’activité des dresseurs comme de celui des comportementalistes, elles suscitent un scepticisme et une méfiance bien compréhensibles chez les propriétaires de chien demandeurs d’aide.

Ce sont ce scepticisme et cette méfiance que s’efforcent de dissiper les membres de l’association de comportementalistes C.A.D. :

http://www.comportementaliste-associationcad.org

Les y aider est dans l’intérêt de tous.

Enfin, la Fédération Européenne des Comportementalistes est très claire sur ce sujet, voici un extrait du code de déontologie de la profession de comportementaliste :

En matière d'appellations, aucune ambiguïté de terminologie qui induirait une confusion, une dépréciation, une imprécision, ou une déformation de l'exercice que la profession de comportementaliste représente, ne sera acceptée par la Fédération Européenne des comportementalistes. Les appellations comme « éducateur-comportementaliste », relatives au dressage d’animaux, ne sont pas acceptées par la Fédération Européenne des Comportementalistes. Les personnes agissant dans le cadre du dressage d’animaux ne peuvent se prévaloir de la qualité de comportementaliste. En adhérant à la Fédération, un organisme ou une association reconnaît avoir été informé de cette disposition et l’avoir approuvée …



* même parfois « éducateur-comportementaliste-canin » ce qui ajoute le ridicule à l’imposture.


Michel Chanton éthologiste

 


Ethique et déontologie


ÉTHIQUE

Sous le terme éthique est compris l'ensemble de principes moraux qui sont à la base de la conduite de quelqu'un, d'une profession, d'un groupement.

Les groupements ou organismes adhérents de la Fédération définissent eux-mêmes les critères de fonctionnement de leurs activités. Ils sont responsables du choix de leur adhérents, mais se doivent de respecter et faire respecter par leurs membres, le code de déontologie de la profession de comportementaliste.

La Fédération Européenne des Comportementalistes désapprouve et condamne les mauvais traitements infligés à un animal, ceci incluant les actes de brutalité physique ou les contraintes psychiques génératrices de troubles du comportement ou d'inconfort chez l'animal, que ces contraintes résultent d'un traitement, des conditions de vie (espace disponible, repos, nourriture, etc.) ou des modifications de ces conditions sans nécessité absolue. Ainsi que les mutilations de convenance et la mise à mort de l'animal pour toutes autres raisons que l'euthanasie pratiquée par un vétérinaire uniquement dans le but de mettre fin à des souffrances résultant d'une pathologie à l'issue fatale ou incurable.


DÉONTOLOGIE

Le code de déontologie de la profession a tété élaboré par la Fédération Européenne des comportementalistes.

Les associations ou organismes adhérents en reçoivent un exemplaire et s'engagent à s'y conformer.


Un exemplaire de ce code de déontologie est disponible en téléchargement :


Organismes de formation


Un nombre important d'organismes proposent des formations ayant trait à l'activité du comportementaliste, soit seule, soit bâtie autour de l'éducation canine, le dressage, le conditionnement ou encore proposant à s'exerçer à la "psychothérapie" des propiétaires...

Il est indispensable de le rappeler : l'activité du comportementaliste n'est en rien une activité de dressage, ni de "psychothérapie" déguisée. 

Le travail du comportementaliste est centré sur les conditions et influences environnementales et relationnelles telles qu'elles exercent pression sur les comportements normaux de l'animal familier, chien ou chat.

"S'y connaître en comportements", "être aussi un peu comportementaliste", "être formé en comportement canin ou félin" ne suffisent pas à se réclamer comportementaliste et ne représentent pas l'activité qui est celle d'un comportementaliste professionnel. 
 
Afin d'informer les particuliers qui cherchent un professionnel sérieux, mais aussi d'alerter les personnes cherchant à se diriger professionnellement vers cette activité, la F.E.C. propose de réunir et de mettre à disposition du public, des listes de comportementalistes et également de recenser les organismes de formation sérieux qui mènent à cette activité.



La présente fédération a recensé les organismes
de formation suivants
:

CERFPA

Centre privé d'etude, Recherche, Formations en Psychologie Appliquée


Formation à distance : http://www.cerfpa.com

Michel Chanton - Ethologiste

Formation en direct avec le formateur :

http://www.michel-chanton-ethologiste.com

OPERRHA

Organisme Privé d'Enseignement et de Recherche sur les Relations Homme/Animal

Formation en direct avec les formateurs : http://www.operrha.fr  

 

Actualités

28.04.2008
Projet de loi sur la prévention et la protection des personnes contre les chiens dangereux : L'évaluation comportementale... analyse et conteste d'une des mesures dont la vocation serait, nous dit-on, préventive.  La délation au détriment de la prévention ?  Les comportementalistes n'en veulent pas !  Lire la suite...

 

05.02.2008
L'association de comportementalistes C.A.D. se désolidarise du S.N.P.C.C. et fait savoir que cet organisme ne représente pas les comportementalistes auprès des pouvoirs publics.  
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31.08.2007
L'association de comportementalistes C.A.D. rédige un document à l'usage des comportementalistes sur l'évaluation de la dangerosité potentielle d'un chien après conduite agressive avec morsure.   Lire la suite...

Infos membres

  • APARC
  • C.A.D.
Association pour l'Assisatnce au Replacement des Chiens en rupture familiale

L’adoption d’un chien se fait très souvent sur ces coups de cœurs mutuels. Et les premières semaines sont décisives pour sceller ce pacte de vie entre le chien et son nouveau propriétaire. Après s’être choisi, Homme et Chien, se retrouvent face à face, seuls, chacun enfermé dans ses propres limites.  Chacun se servant de ses propres acquis pour tenter de se concilier l’autre.

Ses propres acquis, avez-vous dit ?

Oui, car le chien adopté, comme tout être vivant, possède aussi son histoire personnelle. 

Celle qui l’a façonnée, celle que l’on discerne dans ce regard qui vous a tant séduit.

C’est un chien séparé de son ancienne famille, certes, mais pas amnésique.

Comme vous, il va se servir de ses acquis personnels, de son passé pour vivre son présent.

 

Association de comportementalistes C.A.D.
C.A.D.
comme Chiens et Chats d'Aujourd'hui et de Demain

C.A.D. comme Chiens et Chats Autres Directions

C.A.D. comme Comprendre le chien ou le chat, Aider le propriétaire, Dénouer la situation




L'Association de comportementalistes professionnels C.A.D. oeuvre depuis de longues années en faveur de la profession, mais aussi en direction du public.

Elle est à l'origine de nombreuses avancées pour l'activité, et continue à mener des démarches pour que soit prise en compte une reconnaissance officielle de cette profession par l'Etat, impérieuse nécessité devant la prolifération de personnes qui s'auto-proclament et dénaturent l"approche spécialisée de professionnels sérieux et compétents.